fatiha belhaj
 
AccueilAccueil  البوابةالبوابة  CalendrierCalendrier  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 L'IRONIE DANS CANDIDE

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Admin
Admin


عدد المساهمات : 167
تاريخ التسجيل : 06/02/2009
العمر : 25

MessageSujet: L'IRONIE DANS CANDIDE   Sam 28 Fév - 13:52

L'ironie est l'arme de Voltaire contre les diverses formes d'injustice qui affligent la société de son temps. Elle se présente de cinq manières :
1 Les formules clichés des romans à l'eau de rose. Voltaire emploie ce langage à la "roman Harlequin" par dérision. L'ironie porte ici sur la nature de la formulation. Le monde sordide qu'il décrit et déplore se trouve bien à l'opposé de l'imaginaire ouaté et féculeux des clichés de l'amour-carte postale. En voici quelques exemples. Ils sont tirés du chapitre I. De même, VII:30 sq.
"Sa physionomie annonçait son âme." (chap. 1)
"Elle [Cunégonde] rencontra Candide en revenant du château, et rougit; Candide rougit aussi; elle lui dit bonjour d'une voix entrecoupée, et Candide lui parla sans savoir ce qu'il disait[...]Cunégonde laissa tomber son mouchoir, Candide le ramassa; elle lui prit innocemment la main; le jeune homme baisa innocemment la main de la jeune demoiselle avec une vivacité, une sensibilité, une grâce toute particulière[...]"
2 Les exagérations. On pourrait distinguer entre trois types d'exagérations :
2.1 les exagérations des faits : "[Candide] avait appris à tirer chez les Bulgares, et il aurait abattu une noisette dans un buisson sans toucher aux feuilles." (chap. XVI) De même : I, 9 (les 71 quartiers et la baronne de 350 livres), XI:3 : la fille d'Urbain X (pape inexistant), et XII.
2.2 les exagérations des circonstances :"leurs bouches se rencontrèrent, leurs yeux s'enflammèrent, leurs genoux tremblèrent, leurs mains s'égarèrent." (chap. I). On aura noté également l'effet comique des répétitions qui augmente l'intensité de l'ironie. De même, le sage et tendre Candide devient tout à coup un soldat exemplaire (X:23) De même, le Maroc est en sang (XI:60-64).
2.3 les exagérations des traits de caractère : la confidence à Candide du fils Thunder-ten-thronckh sur sa beauté : "Vous savez, mon cher Candide, que j'étais fort joli; je le devins encore davantage[...]" (chap. XV). Cunégonde (XI:10-15) et la vieille (XII:7) vanteront avec extase leur propre beauté.
3 les contrastes. On en trouve trois types.
3.1 les contrastes entre les paroles (ou le texte) et les attitudes (ou les objets) : "Un jour, Cunégonde[...]vit entre des broussailles le docteur Pangloss qui donnait une leçon de physique expérimentale à la femme à la femme de chambre de sa mère, petite brune très jolie et très docile. Comme mademoiselle Cunégonde avait beaucoup de disposition pour les sciences, elle observa, sans souffler, les expériences réitérées dont elle fut témoin; elle vit clairement la raison suffisante du docteur, les effets et les causes, et s'en retourna toute agitée, toute pensive, toute remplie du désir d'être savante, songeant qu'elle pourrait bien être la raison suffisante du jeune Candide, qui pouvait aussi être la sienne." (chap. I). On retrouve aussi, en X:15, Cunégonde qui pleurniche pour avoir d'autres "donateurs" - entendons des clients payants...
3.2 les contrastes entre les perceptions différentes : "Candide, qui avait été élevé à ne jamais juger de rien par lui-même, était fort étonné de ce qu'il entendait; et Martin trouvait la façon de penser de Procuranté assez raisonnable." (chap. XXV).
En I:80 3.3 les contrastes entre les paroles optimistes et les faits. Ce sont les contrastes d'emblée les plus fréquents. Ils mettent en effet en lumière la distorsion panglosséenne entre la terrible réalité et le rêve leibnitzéen. Un des exemples les plus représentatifs se trouve au chapitre VI : Pangloss et Candide se font enfermer "dans des appartements d'une extrême fraîcheur, dans lesquels on était jamais incommodé du soleil[...]" On verra aussi le titre du chap. I,, I:25, II,:44 (le héros), III:6 (la raison sfuffisante - la baïonnette !). On retrouve ce même concept ironique de raison suffisante en V:56. Voltaire nous vante (IV:57; de même, 71 : il ne perdit qu'un oeil et une oreille) le merveilleux progrès". On trouve aussi, en VIII:1, qu'il plut au ciel d'envoyer les Bulgares; en 85, Don Issachar vient "jouir de ses droits" sur Cunégonde. La mort est aussi touchée par un optimisme cérémoniaire : Le monseigneur tué par Candide est enterré "dans une belle église"(IX:41) On note aussi (IV:84) que les malheurs particuliers font le bien général. Ou encore (V:21), le coquin nagea heureusement jusqu'au rivage. On assistera (VI:3) à un bel autodafé (19: une belle musique en faux-bourdon accompagnera le supplice !
4 les invraisemblances. La plus frappante se trouve au dernier chapitre (XXX), lorsque, de nulle part, et en violation de toute vraisemblance, Cunégonde et la vieille retrouve Candide et Pangloss au fond de la Turquie. Il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'un conte; Voltaire n'a pas à s'embarrasser de vraisemblance physique, voire chronologique. Le bateau (V:19) s'entrouvre tout à coup.
5 les fausse causalités. Puisque Voltaire dénonce l'illogisme des gouvernants, nobles, religieux ou prétendus savants, le rappel de leur sophisme est approprié. Pangloss se révèle un spécialiste ès fausses causalités : "Il est démontré, disait-il, que les choses ne peuvent être autrement : car tout étant fait pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleur fin. Remarquez bien que les nez ont été faits pour porter des lunettes; aussi avons-nous des lunettes." (chap. I). De même les pieds pour les chausses, les pierres pour la construction des châteaux, les cochons pour être mangés, etc. La présence de la couleur rouge du mouton fera l'objet d'une démonstration d'un savant qui démontra la chose "par A plus B moins C divisé par Z". Il obtint le prix cette année-là... On se souvient aussi que les génies de l'université de Coïmbre (VI:5) conclurent à la nécessité d'un autodafé pour éliminer les séquelles du tremblement de terre de Lisbonne. Au début du chapitre V, Pangloss prouve que la rade de Lisbonne était faite pour que l'anabaptiste s'y noyât
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://fatiha-belhaj.do-goo.com
 
L'IRONIE DANS CANDIDE
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» اسئلة مسابقة المتصرف الإداري

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
عاشقة الليل :: مواضيع الباكالوريا الفرنسية :: candide-
Sauter vers: